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La rage I

La rage de voir nos buts entravés, de vivre en travers
La rage gravée depuis bien loin en arrière
(…)
La rage de voir autant de CRS armés dans nos rues
La rage de voir ce putain de monde s’autodétruire
Et que ce soit toujours des innocents au centre des tirs
La rage car c’est l’homme qui a créé chaque mur
S’est barricadé de béton, aurait-il peur de la nature ?
La rage car il a oublié qu’il en faisait partie
Disharmonie profonde mais dans quel monde la colombe est partie ?
La rage d’être autant balafré par les putains de normes
Et puis la rage, ouais la rage d’avoir la rage depuis qu’on est môme

Parce qu’on a la rage, on restera debout quoi qu’il arrive
La rage d’aller jusqu’au bout et là où veut bien nous mener la vie
Parce qu’on a la rage, on pourra plus se taire ni s’asseoir dorénavant
On se tiendra prêt parce qu’on a la rage, le cœur et la foi
Parce qu’on a la rage, on restera debout quoi qu’il arrive
La rage d’aller jusqu’au bout et là où veut bien nous mener la vie
Parce qu’on a la rage, rien ne pourra plus nous arrêter
Insoumis, sage, marginal, humaniste ou révolté

(C)  Keny Arkana / La Rage / Entre ciment et belle étoile 2006

La rage, la colère, cette flamme intérieur qui, parfois braise, parfois incendie ne cesse jamais de brûler au creux de sa poitrine.

J’ai toujours entendu que grandir c’était aussi acquérir une certaine forme de sagesse, du moins de tempérance, que cette rage, cette colère que l’on attribue bien vite aux adolescents (pour la ridiculiser ou la minorer ?), s’éteindrait d’elle-même. La trentaine passée, j’attends toujours qu’elle disparaisse. Ce sentiment que l’ordre doit être renversé, qu’il faut que cela change, que nous sommes pris entre les mailles, témoins impuissants d’une absence de Justice et d’Honneur.

Qui veut tout comprendre finit par mourir de colère.

Proverbe arabe

Mais comment ne pas se consumer intérieurement ? Comment accepter ? Pourquoi accepter ? Indignez-vous, (r)indignez-vous comme disait l’autre.

Je ne ressens pas cette colère intérieure chez tout le monde, même si il y a consensus sur l’état déplorable de « notre monde ». Comment est-ce possible ? On ramène cela à la sensibilité, n’est-ce pas encore une fois une manière de décrédibiliser un sentiment juste, sain ? On ne donne pas la même valeur à la colère de chacun, en fonction de son sexe, son âge, son origine sociale. Il y aurait des colères justes et des « caca nerveux », chez certains ce serait un signe de grandeur, chez d’autres d’hystérie.

(A suivre)

 

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